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«Jamais le climat et la biodiversité n’auront suscité autant d’intérêt sous la coupole»

Céline Vara

Céline Vara est conseillère aux Etats pour le canton de Neuchâtel et membre des Verts. Elle revient sur la session parlementaire de septembre 2020, qui met les sujets environnementaux à l'honneur.

Durant cette session d’automne, le Parlement fédéral traite d’une cinquantaine d’objets en lien avec la thématique environnementale. Ma chambre, le Conseil des Etats, en traite à elle seule une quarantaine. Jamais le climat, la biodiversité, la nature sous toutes ses coutures n’aura suscité autant d’intérêt sous la coupole. Et ce n’est pas fini: la somme des interventions parlementaires en attente qui traitent de près ou de loin à l’environnement est vertigineuse.

Assurément, la préoccupation environnementale des Suisses et des Suissesses manifestée dans les urnes en octobre 2019, cette vague verte, est devenue une évidence sur le long, très long terme. La désormais incontestable urgence climatique ne trouve plus de détracteurs – du moins publiquement – dans les couloirs du Parlement. Pourtant, il n’y a pas deux ans, certains clamaient encore haut et fort à la tribune leur scepticisme, tentant de décrédibiliser les scientifiques.

L’espoir des marches de la grève du climat m’a portée durant toute la campagne et c’est grâce aux jeunes et aux femmes qui se sont mobilisés, que les murs du Parlement ont tremblé, que j’ai été élue.

En décembre 2019, lors de la première session parlementaire, je n’ai pourtant pas vu la révolution que les médias avaient annoncée. La dure réalité d’une minorité dans une chambre devenue très conservatrice, toujours à grande majorité masculine, à contre-courant de sa sœur plus jeunes, plus verte, plus féminine et donc plus progressiste.

Nous avons perdu beaucoup de votes essentiels pour la lutte contre le réchauffement climatique. Le Covid-19 a rendu nos travaux parlementaires plus laborieux, les séances ont été annulées ou repoussées.

Puis ici et là, le processus démocratique a repris. Les élections ont vu les Verts confirmer leur progression par des scores exceptionnels. Et voilà enfin cette session d’automne qui, hormis les plexiglas et mesures de distanciation qui nous rappellent la crise sanitaire actuelle, marque un retour à la normale.

La loi sur le CO2 bien sûr, mais aussi les initiatives pesticides, la protection des eaux, les encouragements aux énergies renouvelable, les crédits Covid aux travailleurs, aux indépendants, pour les crèches et les transports publics, sont autant de sujets où les Verts se battent ardemment durant ces trois semaines.

Les trois années à venir seront marquées par ces combats que nous, la minorité du Parlement fédéral, menons au plus proche de nos convictions politiques. Mais qui dit minorité dit progression lente, bien trop lente et beaucoup de frustration face à l’urgence climatique et le déclin rapide de la biodiversité. Nous devons aller plus vite !

L’UDC a déjà annoncé qu’elle lancerait un référendum contre la loi sur le CO2. Même si ce projet de loi ne va pas assez loin pour les Verts, il pose les premières pierres nécessaires aux mesures qui suivront. Sans elle, nous serions face à une absence de mesures en faveur du climat et perdrions un temps inestimable pour ne serait-ce que relancer la machine. Il n’y a pas d’alternative aux décisions démocratiques. Nous devons gagner encore une fois dans les urnes. Comme nous devrons gagner lorsque la population sera amenée à voter sur les initiatives contre les pesticides au printemps prochain, au risque que les printemps d’après voient toujours moins d’abeilles…

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