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Tests à l'aéroport: et si l'Autriche montrait le chemin à la Suisse?

Fabrice Delaye

Donc la Suisse est le pays le plus sûr du monde en ce qui concerne l’épidémie de coronavirus. Vraiment? Notre enquête montrait cette semaine comment l’étude sur laquelle repose cette affirmation qui brosse dans le sens du poil le patriotisme helvétique est à prendre avec de longues pincettes. Pourquoi la Suisse avec 226 décès par million d’habitants domine-t-elle le classement alors que Taïwan avec 0,3 par million (7 décès en tout!) n'est que seizième? Mystère. Pourquoi une quinzième place au Danemark qui teste trois fois plus que la Suisse et enregistre deux fois moins de décès, ou un sixième rang pour l’Autriche qui a deux fois moins de cas, trois fois moins de décès et teste plus et mieux que notre pays?

Le cas de l’Autriche est particulièrement intéressant, dans la mesure où ce pays proche de la Suisse applique des mesures plus audacieuses. L'Autriche a ainsi lancé son application de contact tracing Stopp Corona le 12 avril, soit deux mois et demi avant la Suisse. De surcroît, c'est une entreprise suisse, P2PKit, qui a développé cette application pour la Croix Rouge autrichienne. Pourquoi les offres de cette start-up ont-elles été snobées par la Confédération, qui n'y a même pas répondu? Certes, n’ayant été téléchargé que par 8% de la population autrichienne, le succès de Stopp Corona n’est pas au rendez-vous. Et on ne sait encore rien de celui de SwissCovid, qui est sûrement bien faite. Reste que l’Autriche a pu commencer son déconfinement le 14 avril, un mois et demi avant la Suisse. Bref, dans ce domaine, on a surement été aussi lentement que nécessaire mais peut-être pas aussi vite que possible.

Second point intéressant, l’Autriche impose toujours le port de masques dans les commerces et les transports publics. Vous avez dû voir comme moi comment cela se passe dans les rames des CFF ou des TPG. A la louche, un sur trois? Sur quatre? Sommes-nous meilleurs ou plus immunisés? En tout cas, depuis le 14 avril l’Autriche n’a pas enregistré le moindre rebond épidémique. Alors que Matthias Egger, le chef de la task force qui conseille le Conseil fédéral, a suggéré le week-end dernier l’idée que l’autodiscipline ne suffit pas et qu’il faudra imposer le port de masques en Suisse si l’augmentation (légère pour le moment) de nouveaux cas devait se poursuivre.

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