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Karim Boubaker, médecin cantonal vaudois, se livre avec humilité

Karim Boubaker, médecin cantonal vaudois, le 15 septembre 2020 à Lausanne.| Keystone / Laurent Gilliéron

Comment les médecins cantonaux romands gèrent-ils leur soudaine célébrité apparue à la faveur de l'épidémie de Covid-19 en Suisse? Que faisaient-ils avant qu'un bout d'ARN bouleverse leur quotidien? Heidi.news a rencontré les médecins cantonaux romands pour mieux les connaître.

Médecin depuis 1993, Karim Boubaker s’est spécialisé en infectiologie et en épidémiologie. De 2004 à 2009, il a été chef de la section maladies infectieuses à l’OFSP, où il a travaillé sur le plan pandémique pour le H5N1. Médecin cantonal vaudois depuis 2009, il est un père de famille –nombreuse (6 enfants) et recomposée– épanoui en temps normal et un chef de service compétent à la tête d’une équipe d’une cinquantaine de personnes.

Rencontré le vendredi 16 octobre, à la veille de sa semaine de vacances, l’homme qui se prête à l’exercice de l’interview semble épuisé. La deuxième vague de Covid-19 et les tensions qu’elle génère le touchent. Il se livre avec humilité.

Heidi.news – Comment allez-vous?

Karim Boubaker – Aujourd’hui, je suis au bord de l’implosion. J’ai besoin de me reposer. Cet état de fatigue important correspond à cette succession de périodes intenses qu’on vient de traverser. Il y a d’abord eu la solidarité du printemps, suivie d’une longue période estivale où on a beaucoup travaillé à chercher de nouvelles solutions pour gérer l’épidémie au mieux et se préparer à la deuxième vague. La montée en flèche actuelle est brutale et inattendue. Alors qu’après avoir travaillé de manière intense pendant huit mois, on pensait pouvoir bénéficier d’un peu de répit. Et non, ça repart en flèche.

Ce qui m’interpelle beaucoup en ce moment, c’est la vision fédérale qui tient compte de tous les éléments de manière globale, alors que chaque canton vit des réalités très différentes. Dans le canton de Vaud, par exemple, le retraçage des contacts est devenu très difficile vu le nombre de nouvelles infections. Mais nous mettons tout en œuvre pour mener à bien cette stratégie essentielle. Surtout en ce moment.

Quelle marge de manœuvre avez-vous actuellement?

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