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Genève interdit les rassemblements de plus de 5 personnes dans l'espace public

Anne Emery-Torracinta en conférence de presse, avril 2020. | Keystone / Martial Trezzini

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Le durcissement généralisé des mesures de lutte contre Covid-19 en Suisse romande s’est traduit ce vendredi 23 octobre par les annonces du canton de Genève, peu après celles de Vaud. Genève se montre un peu plus sévère que les autres cantons avec une interdiction des rassemblements dans l’espace public et des fêtes privées de plus de 5 personnes. En revanche, les manifestations publiques restent possibles jusqu’à 1000 personnes et les bars et restaurants pourront rester ouverts jusqu’à 23 heures.

Pourquoi maintenant. Les autorités genevoises l’avaient annoncé mercredi: malgré l’urgence de la situation, une coordination romande était nécessaire avant la mise en œuvre d’un nouveau bloc de mesures. Après des discussions dans la journée de jeudi, les cantons romands ont annoncé de nouvelles mesures très similaires, avec quelques particularités locales.

Une réaction nécessaire. Comme dans la majorité des autres cantons romands, la situation sanitaire genevoise est inquiétante. Hier, le canton a enregistré le nombre record de 692 nouveaux cas positifs. Il présente la deuxième incidence la plus élevée du pays derrière le Valais, avec une personne sur cent contaminées (1012,5 cas pour 100’000 habitants).

La progression de l’épidémie impacte désormais les HUG qui ont été contraints de renoncer à leur programme opératoire électif et de repenser certaines unités de soins.

Environ 150 personnes travaillent désormais au sein de la cellule d’enquêtes d’entourage. Celles-ci ont été en grande partie automatisées. Mauro Poggia, conseiller d’Etat en charge de la santé précise:

«Nous pouvons être moins précis dans l’analyse des lieux de contaminations. Certainement que les mailles du filet sont plus larges, mais tout le poisson que l’on attrape représente autant de cas positifs évités.»

Dans le détail. Le nouveau train de mesures prend la forme d’un arrêté. Il entrera en vigueur dimanche à minuit et sera valable jusqu’au 30 novembre.

Thierry Apothéloz, conseiller d’Etat en charge du département de la cohésion sociale:

«La situation est dramatique, le gouvernement est cependant décidé à faire confiance à la population. Nous allons faire en sorte de ne pas passer les fêtes de fin d’année en visioconférence. Nous avons confiance en la capacité d’adaptation de la population.»

  • Les rassemblements de plus de 5 personnes dans l'espace public sont interdits, notamment sur les places publiques, les promenades, et les parcs. Une distance minimale de 1,50 mètre doit toujours être maintenue.

  • Les manifestations privées sont limitées à 5 personnes. Les enfants de moins de 12 ans ne sont pas comptabilisés, mais il ne doit pas y avoir plus d’enfants que d’autres participants.

Le Conseil d’Etat définit une manifestation privée comme une fête non accessible au public et sans but lucratif. S’agissant des contrôles, Mauro Poggia précise:

«Il n’y aura pas des cohortes de policiers qui iront frapper aux portes de nos concitoyens, mais il y a une responsabilité à avoir. Cela dit, nous sommes régulièrement sollicités pour des problèmes de bruit. Dans ce cas-là, si la police intervient et qu’elle constate des infractions, il y aura des contraventions décernées, jusqu’à 10’000 francs.»

  • Les manifestations publiques sont limitées à 1000 personnes. Ainsi, pour autant qu’un plan de protection solide soit validé, les matchs de football et de hockey pourront avoir lieu.

  • Les établissements publics, tels que bars et restaurants, fermeront à 23h. Il ne pourra pas y avoir plus de 5 personnes à table, sauf si les personnes partagent le même foyer ou que les enfants ont moins de 12 ans. Dans ce dernier cas de figure, il ne devra pas y avoir plus d’enfants en bas âge que de personnes de plus de 12 ans.

  • Sont interdits: les sports de contact, de combat et des sports collectifs à un niveau amateur.

  • Les installations de loisirs telles que bowling, salons de billards et de jeux, escape games, et laser games seront fermées dès lundi.

  • Les chorales amatrices sont interdites.

  • Le port du masque est étendu. En voiture, le masque devient obligatoire sauf s’il y a un seul passager ou si les passagers partagent le même domicile. Le masque devient également obligatoire dans les foires et les marchés.

Ce qui est maintenu.

  • Le sport individuel. Les salles de sport et les piscines restent ouvertes, comme les cours collectifs, pour autant que les participants bénéficient d’une surface de 4 mètre carrés chacun.

  • Les activités destinées aux jeunes. Les activités des maisons de quartier et parascolaires continuent.

  • Les lieux de culture tels que les musées, les théâtres et les cinémas restent ouverts, contrairement aux établissement valaisans.

  • Contrairement à certains cantons, Genève laisse une marge de manœuvre aux hautes écoles pour définir les contours de l’école à distance, sans l’imposer frontalement. Pour Anne Emery-Torracinta, l’enseignement à distance est à double tranchant, les étudiants se réunissant parfois à plusieurs afin de visionner les cours ensemble à distance.

  • A la différence du canton de Vaud, le Conseil d’Etat genevois ne souhaite pas imposer le masque aux élèves dans les cycles d’orientation. Il justifie son choix par le fait que selon les données du canton, les cycles ne favorisent pas la circulation du virus, seuls quelques rares cas ayant été observés.

Amertume cantonale. Ces mesures auront un coût. Pour l’heure, impossible de savoir précisément qui réglera la note. Maura Poggia n’a pas caché sa déception, en conférence de presse, face au constat que la Confédération ne souhaitait pas prendre la main et laissait la responsabilité aux cantons d’assumer leurs décisions:

«Ces mesures seront le moins dolores possible au niveau économique, mais auront tout de même un coût. Sur ce point, le canton de Genève n’est pas très satisfait de la manière dont la coordination se fait entre la Confédération et les cantons. Il faut des confirmations claires de la part de la Confédération concernant une poursuite des prestations de soutien. (…)

Le canton a, jusqu’ici, fait la voiture-balai en assumant ce que la Confédération n’assumait pas. (….) Nous souhaiterions avoir d’avantage de soutien de la part de la Confédération, cela fait partie de la solidarité confédérale pour laquelle le canton de Genève verse 300 millions à la Confédération.»

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