Photo d'illustration. Keystone
Génération fluide | épisode № 03

Pourquoi la cour d’école reste un bastion de polarisation entre filles et garçons

Pour Miya et Marius, l’école a été un détonateur. Via les réactions de leurs camarades, ils se sont rendu compte de leurs différences. Bien plus rigides que les adultes, les enfants se créent des groupes de pairs afin de consolider leur compréhension du monde. Leur identité de genre n'échappe pas à ce mécanisme.

A l’école, «les filles et les garçons ne jouent pas ensemble, ne mangent pas ensemble et ne se mettent pas ensemble en rang. La mixité est nulle ou anecdotique», constate Edith Maruéjouls, géographe du genre qui analyse «la ségrégation filles-garçons» dans les cours de récréation d’écoles françaises depuis plus de dix ans.

Selon cette Docteure en géographie, il faut bien comprendre que cette non-mixité ne résulte pas de la volonté des deux sexes. «Lorsque j’interroge les filles, elles ne disent pas qu’elles ne veulent pas jouer, mais qu’elles ne peuvent pas jouer. Sauf exceptions, les garçons les rejettent sous prétexte qu’elles sont nulles, qu’elles ne savent pas jouer.» Y-a-t-il d’autres raisons à ce rejet? «Lorsque j’interroge les garçons, il y en a toujours l’un ou l’autre qui me répond “mais madame, on ne peut pas jouer avec elles sinon on va être traité de fille”», rapporte Edith Maruéjouls avant d’ajouter que «l’imperméabilité du groupe social impacte aussi les garçons sous couvert de la honte». Marius Diserens, l’étudiant en master à l’université de Genève et professeur de Yoga au genre fluide dont je vous ai parlé dans le premier épisode de cette Exploration, l’a découvert lors de ses premiers pas à l’école.

Cet article est réservé aux abonnés.

S'abonner

Déjà abonné(e) ? Connectez-vous