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Pourquoi il faut impérativement aérer après avoir grillé du pain ou cuisiné

Image d'illustration. | Pixabay/Franz Oschatz

Faire griller son pain pour le petit-déjeuner, c’est délicieux, mais cela a des conséquences inattendues: des aérosols se déploient dans la cuisine. La pandémie de coronavirus a mis ces derniers à l’honneur parce qu'ils peuvent transmettre le virus, mais même sans Covid-19, ils ont des conséquences sur la santé.

Pourquoi c’est important. Les aérosols sont de minuscules particules et gouttelettes de moins de dix microns. Ces particules sont si petites qu'elles pénètrent les barrières du corps - et peuvent potentiellement lui causer des dommages.

Ce qui est nouveau. Pour la première fois, des chercheurs de l'Institut Leibniz pour la recherche sur la troposphère ont inspecté des logements pour détecter ces polluants ultrafins. Ils ont publié les résultats dans la revue Aerosol and Air Quality Research.

  • Les chercheurs ont analysé l'air dans 40 foyers allemands en hiver et en été, soit en moyenne dix jours au total.

  • Les appartements étaient très différents en termes de taille, d'équipement et d'emplacement afin de couvrir le plus large éventail possible de situations.

  • Comme tous les appartements étaient équipés de fenêtres modernes en verre isolant, il n'y avait pratiquement aucun échange d'air naturel entre l'intérieur et l'extérieur.

  • Les chercheurs ont mesuré les aérosols de 10 nanomètres à 10 micromètres.

Les résultats. La conclusion de l’étude est surprenante: l'air de la maison est pollué par de très petits aérosols, qui sont produits par les activités humaines. Les scientifiques ont enregistré un pic de particules ultrafines:

  • lorsque les gens font griller du pain,

  • lorsqu’ils cuisinent,

  • lorsqu’ils allument des bougies.

Dans les 40 appartements étudiés, la qualité de l’air laisse à désirer après ces activités, qui produisent un grand nombre de particules de suie et de gouttelettes d'huile très fines, de moins d'un micromètre. C’est particulièrement le cas en hiver, lorsque les appartements ne sont presque pas aérés. La concentration d’aérosols y dépasse alors la concentration à l'extérieur, pourtant supérieure en moyenne. Et comme les gens produisent eux-mêmes la plupart des particules ultrafines, selon le responsable de l'étude, le météorologue Alfred Wiedensohler, peu importe que la maison donne sur une route très passante ou non.

«Génération indoor». Ces résultats forcent la prise de conscience. Aujourd'hui, les gens passent en moyenne plus de 22 heures par jour dans des pièces fermées, souvent à la maison ou au bureau. Les experts parlent de «génération indoor». Il était déjà connu que les plus grosses parmi les particules fines sont problématiques à l’intérieur. Dans la plupart des études, les scientifiques n’avaient ainsi mesuré que les particules d'un diamètre de 2,5 micromètres et plus. Leur concentration est plus élevée à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Il a été prouvé que ces particules sont à l'origine de maladies cardiovasculaires, de cancers du poumon et de décès prématurés. Les bureaux équipés de photocopieuses et d'imprimantes, qui produisent de grandes quantités de ces particules, présentent des niveaux particulièrement élevés. A ces dommages, il faut aujourd’hui ajouter les concentrations élevées d'aérosols ultrafins, produits lors d’activités comme la cuisine.

Que faire pour éviter les nuisances? A la lumière de ces nouvelles découvertes, le chercheur Alfred Wiedensohler recommande d'aérer les pièces plusieurs fois par jour, surtout après avoir cuisiné, fait un gâteau ou allumé une bougie, afin de stopper la production des aérosols ultrafins.

Il conseille également de nettoyer régulièrement le four et le grille-pain. Ils libéreront alors moins de minuscules particules, qui se forment lorsque brûlent des résidus de nourriture dans les appareils ou un film de graisse sur les plaques. Alfred Wiedensohler a même quant à lui renoncé aux bougies, pour une meilleure qualité de l’air chez lui.


L’étude à la loupe

Nom de l'étude: Particle Mass Concentrations and Number Size Distributions in 40 Homes in Germany: Indoor-to-outdoor Relationships, Diurnal and Seasonal Variation

Commentaire: L'échantillon de 40 logements est relativement petit, mais c'est le plus grand jamais étudié en termes de particules ultrafines. En outre, la pollution par les particules et les aérosols dépend fortement des matériaux de construction, de l'environnement et du type de mobilier. Qualitativement, cela n'a pas été pris en compte. Les valeurs ont également été mesurées dans des appartements allemands relativement étanches - ces valeurs ne sont pas valables dans le monde entier. L'étude a porté sur les valeurs de CO2, les données météorologiques, la ventilation, les activités des occupants et la pollution par les poussières fines. Elle peut fournir des informations sur la pollution par les aérosols à l'intérieur des bâtiments.

Parrain: Agence fédérale allemande de l'environnement.

Type/étape d'étude: étude d'observation.

Fiabilité: évaluation par les pairs, 40 appartements à Berlin et Leipzig, chacun d'eux ayant été testé pendant au moins 10 jours répartis sur deux saisons pour les aérosols, les aérosols de 10 nanomètres à 10 micromètres étant mesurés.

Cet article a initialement été publié en allemand par notre partenaire éditorial Higgs.ch

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