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Les ouragans font rage là où le sol est à sec

Françoise GUICHARD / Laurent KERGOAT / Photothèque du CNRS

On les appelle ouragans, typhons ou cyclones… Les méga-tempêtes, comme l’ouragan Laura qui a déferlé sur le Sud-Est américain, peuvent ravager une zone aussi vaste que la Grande-Bretagne pendant deux jours d’affilée. Jusqu’à présent, leur trajectoire était imprévisible. Une étude pourrait tout changer.

Pourquoi c’est important. Les chercheurs ont maintenant mis au point une méthode, expliquée dans la revue scientifique PNAS, pour prévoir la trajectoire des méga-tempêtes, en s’appuyant sur l’étude de la sécheresse des sols. Les prévisions pourraient permettre d’avertir les habitants d'une région menacée jusqu'à six heures à l'avance.

Comment ça marche. Les chercheurs de Grande-Bretagne et d'Autriche ont analysé les données satellitaires relatives à des milliers de tempêtes et les températures à la surface des terres dans la zone du Sahel entre 2006 et 2010 — une région où le nombre de méga-tempêtes a triplé depuis les années 1980.

Cornelia Klein, auteur principal et chercheur à l'Institut des sciences atmosphériques et cryosphériques de l'université d'Innsbruck, déclare dans un communiqué de presse:

«Nous avons pu prouver que des sols plus secs augmentent l'intensité d'une tempête.»

En cause, le phénomène suivant:

  • L'air au-dessus des sols secs se réchauffe et s'élève donc plus facilement.

  • Cela favorise la fusion des masses d'air plus humides.

  • Puis influe sur la quantité de précipitations et sur la direction du mouvement.

Cette découverte pourrait simplifier la prévision des méga-tempêtes. Cornelia Klein explique:

«Pour la première fois, nous pouvons utiliser les observations par satellite des conditions au sol pour réaliser des prévisions sur le comportement des méga-tempêtes ouest-africaines lorsqu'elles s'approchent d'une ville.»

Ces prévisions pourraient permettre d’avertir les habitants d'une région menacée jusqu'à six heures à l'avance. Autant de temps de gagné à la population locale pour prendre les mesures de protection appropriées.


L’étude à la loupe

Nom de l'étude. Les sols secs peuvent intensifier les systèmes convectifs à méso-échelle

Commentaire. L'étude n'a porté que sur les données satellitaires du Sahel. D'autres études menées dans d'autres régions doivent suivre pour confirmer ou infirmer ces résultats.

Financement. Ministère britannique du Développement international (DFID) et Conseil de recherche sur l'environnement naturel (NERC) du Royaume-Uni, Académie autrichienne des sciences.

Type d'étude. Etude observationnelle.

Niveau de fiabilité. Données satellitaires de la zone du Sahel de 2006 à 2010 analysées par des pairs.

Cet article a initialement été publié en allemand sur le site de notre partenaire Higgs.ch

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