| | Interview

«Seule la vérité pourra aider les Libanais à dépasser ce traumatisme»

Un homme dans une manifestation de familles endeuillées à Beyrouth, le 4 septembre 2020. | Keystone / EPA / Nabil Mounzer

A Beyrouth, l’explosion sur le port n’a laissé personne indemne. Selon les premiers résultats d’une étude de l’Université américaine de Beyrouth (à paraître), les deux-tiers des Beyrouthins souffrent de troubles du sommeil ou de dépression mineure à modérée. Nadine Ghanimeh, psychologue et psychothérapeute, exerce depuis 12 ans dans un cabinet privé à Beyrouth. Selon elle, pour comprendre la réaction des habitants, il faut remettre l’explosion dans le contexte libanais, où les réponses sont absentes et la résilience a ses limites.

Heidi.news – Dès le lendemain de l’explosion, de nombreux Libanais, surtout jeunes, issus de toutes les régions du pays, sont venus à Beyrouth pour aider. Comment expliquez-vous leur attachement pour la capitale et leur implication dans la reconstruction?

Nadine Ghanimeh – Plusieurs raisons expliquent les énormes répercussions psychologiques de cette explosion. Géographiquement, Beyrouth est au centre du Liban. Au sud du pays, la sécurité est compromise par la présence d’Israël. Au nord, par les groupes fanatiques. Beyrouth était donc la partie du pays où l’on pouvait se sentir en sécurité. Que ce soit pour les études, le travail, les hôpitaux, sortir prendre un verre ou visiter des amis, presque tous les Libanais sont, à un moment ou à autre, passés par Beyrouth. Chaque Libanais peut donc s’identifier aux victimes.

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