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Quand les masques deviennent un symbole idéologique

Annick Chevillot

En porter ou pas, telle est la question! Dans la salle du Conseil national, les 200 élus qui siègent depuis le 7 septembre semblent avoir choisi leur camp. En schématisant, et avec des exceptions dans les deux camps, la gauche avance masquée, la droite affiche des sourires Pepsodant et le centre navigue entre les ficelles du masque. L'objet n'est pas obligatoire lorsque les élus sont assis, «protégés» par leur forêt de cages en plexiglas. Mais lorsqu'ils déambulent, d'un pas pressé, d'un air concentré ou d'une mine enjouée, ils sont fortement invités à se voiler la face. Au jeu des «même pas peur», les élus UDC remportent la palme: ils sont 85% à évoluer dans le Parlement sans se couvrir le nez, ni la bouche. Et les plus appliqués sont les socialistes avec 90% de leurs élus qui portent, plus ou moins, un masque dès qu'ils quittent leur siège. Chez Les Verts, le masque se porte plus ou moins comme chez les socialistes. Avec assiduité pour Regula Ritz et avec nonchalance pour d'autres.

Au centre de l'échiquier bernois, c'est à croire qu'ils la jouent à zig-zag-zoug. Ainsi, au milieu de la salle, on va trouver un médecin qui porte doctement son accessoire chirurgical à chaque déplacement, assis à côté d'une élue de son parti qui se déplace continuellement sans jamais en revêtir. Mais c'est aussi au centre que l'on trouve un des plus assidus: Gerhard Pfister, PDC zougois. Du côté des élus PLR, c'est un peu comme au Centre, au tout venant. Jacqueline de Quattro revêt son élégant masque blanc à chaque fois qu'elle se lève de son siège, alors que Christian Lüscher mange tranquillement sa pomme en se promenant et en postillonnant autour de lui. Dans le même registre, Philippe Nantermod, qui s'est très souvent rendu au micro devant traverser toute la salle pour cela (il est assis tout en haut, à côté de Christian Lüscher), marche gaillardement sans masque et en toussant (dans le creux de son coude) lorsqu'il quitte le pupitre.

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