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La recherche sur les traitements contre Covid-19 est anarchique et désorganisée

Pixabay / Clker-Free-Vector-Images

La recherche clinique contre Covid-19 tire à hue et à dia. C’est le constat du site médical américain Stat, qui a entrepris d’analyser l’ensemble des 1200 essais lancés depuis janvier pour évaluer l’efficacité de traitements candidats. Résultats: 4 études sur 10 sont montées sur un nombre de patients bien trop faible (moins de 100) pour espérer en obtenir des résultats solides, et la même proportion n’a même pas commencé à recruter, faute de patients disponibles. À elle seule, l’hydroxychloroquine draine pas moins de 35% des 685'000 patients prévus ou espérés dans le monde. Un chiffre qui reflète un engouement exagéré autour d’une hypothèse thérapeutique aujourd’hui largement discréditée.

Pourquoi c’est un problème. En pratique, chaque hôpital universitaire ou organisme de recherche tend à lancer et piloter ses propres essais cliniques. Déjà aléatoire au niveau national, la coordination internationale de la recherche clinique contre Covid-19 est une gageure, malgré les tentatives de l’OMS pour construire des synergies avec son méga-essai Solidarity. Or les patients sont une «denrée» rare. Cette fragmentation limite la mise en œuvre d’essais randomisés de grande taille, seuls à même de conclure sur l’efficacité ou l’inutilité d’un traitement. La connaissance actuelle provient ainsi pour l’essentiel de seulement deux grands essais: Recovery (dexaméthasone), fruit du très centralisé NHS britannique, et Actt (remdesivir), piloté par les NIH américains.

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