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Une épicerie gratuite pour les étudiants face au Covid

Les étagères de La Farce. | DR

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Ce mercredi 18 novembre, c’est la course pour Orianne Greder, cofondatrice de La Farce, une épicerie gratuite pour étudiants qui a ouvert à Genève le 15 octobre. Les rangs des bénévoles sont décimés par les quarantaines. Les rayons des étagères et des frigos sont pour l’instant quasiment vides: quelques bacs de tomates, une pile de boîtes de thon, un carton d’ananas, deux de champignons. «Mais ce soir, tout sera plein en vue de la distribution hebdomadaire, qui a lieu le jeudi soir», annonce l’étudiante à la Haute école de travail social (HETS).

Orianne Greder, 24 ans, a lancé ce projet avec sa camarade Mélanie Chabert, dans le cadre de leur cursus. L’idée a émergé avant la crise, face au constat que de nombreux étudiants peinent à joindre les deux bouts, une réalité qui passe souvent inaperçue. «Nous poursuivons plusieurs objectifs: lutter contre la précarité, mais aussi contre le gaspillage alimentaire, et renforcer la solidarité entre étudiants.»

Les denrées sont récoltées auprès de partenaires, notamment les grossistes de fruits et légumes de Blavignac et des stands du marché de Rive qui leur donnent des invendus. La Farce reçoit également des produits de la banque alimentaire de la fondation Partage ou encore l’Union maraîchère. «Nous faisons aussi le tour des boulangeries du quartier. Nous récupérons tout en vélo cargo. Nous pouvons également compter sur des dons ponctuels de particuliers. Certains nous ont fait des confitures! Et des apprentis dans la restauration vont nous apporter la semaine prochaine des pâtes maison et des rissoles aux poires.»

Ce bel élan de solidarité s’appuie sur une mécanique bien huilée et le travail de 40 bénévoles qui assurent la réception des produits, le tri, l’inventaire, l’assemblage des colis et la distribution. Chaque colis contient quatre produits secs, comme des pâtes, de la farine ou des lentilles, et cinq portions de fruits et légumes. Les distributions ont lieu dans les locaux mis à disposition par la HETS de Genève, à la rue Prévost-Martin.

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Les bénévoles de La Farce s'activent pour trier les denrées et faire les inventaires. | DR


«Nous avons de plus en plus de demandes. Le 15 octobre, lors de la première édition, nous avons distribué 108 colis. Ce jeudi, 230 personnes se sont annoncées.» Pour bénéficier des paniers, les étudiants doivent devenir membres de l’association et s’acquitter d’une cotisation annuelle de vingt francs. «C’est un système basé sur la confiance. Nous ne demandons pas d’attestation de revenus. Venir chercher un colis d’aide alimentaire, ce n’est pas simple. C’est stigmatisant même si on essaie de rendre la démarche sympathique. Les personnes qui viennent à la distribution en ont vraiment besoin.»

Et que leur disent les bénéficiaires? «Il n’y a pas de profil-type, mais nous constatons que le Covid-19 a accéléré la précarité. Beaucoup nous expliquent qu’ils ont perdu leur job et qu’ils n’ont pas de bourse, que c’est compliqué de tourner. Nous ne nous attendions pas à voir arriver autant de personnes en si peu de temps.»

Covid-19 oblige, La Farce, qui se voulait initialement un lieu ouvert en libre-service, a dû repenser son organisation pour des raisons sanitaires. Un autre aspect a également dû être laissé de côté: offrir un lieu et des repas collectifs pour échanger. «Ce côté plus convivial et festif, nous l’avons mis entre parenthèses. Mais cela reste une ambition pour la suite!»

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