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Le jazzman Louis Matute raconte sa crise

Le jazzman Louis Matute. Photo: David Amaral

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Alors qu’il finalise un soundcheck pour le gig de Gaspard Sommer à la Montreux Jazz Academy, Louis Matute gère en parallèle l'agenda en constante métamorphose de la tournée de son quartet. «On a eu 3 annulations cette semaine en Suisse et en France. Et ce n'est pas prêt de s’arrêter», observe le musicien genevois. L'annonce d’Emmanuel Macron, qui instaure un couvre-feu à 21h dans plusieurs grandes villes de l’Hexagone, va paralyser de nombreux concerts. «C’est la cata mais mon groupe n'est pas le plus à plaindre car on a encore des dates ici. Le calvaire, c'est de se faire programmer en 2021! Quelles sont les perspectives pour tous les groupes de jazz et de musiques actuelles?» Le guitariste de 26 ans fait référence à l'énorme bouchon qui ne cesse de grandir dans le milieu, à coup de concerts repoussés et/ou annulés.

Par contre, si «pas de pépins Covid», Louis Matute se produit ce soir à la Fondation L’Abri à Genève. Cet artiste-associé de la saison 2019/2020 présente son nouvel album «How great this world can be». «Jouer devant 20'000 personnes, je m'en fous! Mais la scène live, ça reste un lieu avec une écoute particulière entre le groupe et le public, même s’il n’y que 20 mélomanes dans la salle!» Son «mojo» depuis sa sortie de la Haute Ecole de Musique à Lausanne (HEMU), c’est de toucher toutes les oreilles avec ses compositions. «Je m'affranchis des codes traditionnels car je les trouve trop élitistes», explique celui qui a reçu le Prix du Cully Jazz Festival pour la qualité de son travail en 2019.

Alors que les mises en quarantaine se multiplient, le jazzman revient sur un épisode étonnant vécu pendant le confinement. Tous les musiciens du genre en Suisse ont pu bénéficier du soutien de La Fondation Levedo à Bâle. Ils les ont aidés à hauteur de 500 francs à 2000 francs par mois, pendant 6 mois. «C'est de la philanthropie obscure car on ne sait rien d'eux. Mais l'avantage, c'est que la démarche était bien plus simple que pour les autres demandes», précise Louis Matute. Les aides cantonales ont, elles, été beaucoup moins généreuses puisqu'ils ont fait leurs calculs d'indemnités à partir des cachets - souvent maigres – et pas des subventions à la création.

En octobre, alors que le Genevois reprenait le cours de ces activités, et qu'il était censé jouer au festival transfrontalier JazzContreBand, aujourd'hui le doute plane. «Bon… on est déjà soulagés d'avoir pu faire plusieurs concerts cet automne. Finalement, on aura eu un semblant de tournée à laquelle s'accrocher en cas de lockdown généralisé.»

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