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Les priorités de Peter Maurer: l’urgence climatique, les nouveaux financements et la décarbonation du CICR

Peter Maurer, président du CICR, ici à Mossoul, en Irak, en février 2019 (c) CICR

Les scientifiques ne cessent d’alerter sur les risques sans précédent déclenchés par l'urgence climatique. Le temps est compté: il reste moins de 20 ans avant d’atteindre le stock de carbone dans l’atmosphère qui amènera le monde à 2°C de réchauffement. La période d'instabilité climatique dans laquelle entre la planète aura un impact important sur les plus vulnérables et certaines régions du globe pourraient à terme devenir invivables. Geneva Solutions a interrogé à ce sujet Peter Maurer, président depuis 2012 du Comité International de la Croix Rouge (CICR). Nous publions ici ses réponses dans un format très complet.

Lire l’article original (en anglais) ici.

Geneva Solutions: Qu'est-ce que l’urgence climatique signifie pour l'avenir de l'assistance et du travail du CICR dans les conflits?

Peter Maurer: Je commencerais par un constat:  les pays particulièrement affectés par les conflits et prioritaires pour l'action humanitaire du CICR sont aussi aujourd'hui les pays les plus affectés par les changements climatiques. Le parallélisme entre les deux nous préoccupe énormément. Comment l'action humanitaire peut-elle d'un côté faire ce qu'elle a toujours fait et a toujours besoin encore de faire, c’est-à-dire stabiliser les sociétés affectées par les conflits, la violence et les désastres naturels, et en même temps trouver une meilleure manière de répondre aux défis du changement climatique ?

Je mentionnerais ma toute récente expérience au Sahel. Il y a deux semaines, j'ai été au Burkina et au Niger. J’y suis allé parce qu’il y a des conflits armés et le Sahel est une région d'intentions et d'opérations importantes pour le CICR. En débarquant, je constate que tous les interlocuteurs veulent me parler de ce que le CICR peut faire pour les soutenir par rapport aux inondations. Tout le monde est d'accord pour reconnaître qu'on n’a pas vécu de telles inondations depuis 50 ans, et que la destruction massive et le déplacement de populations sont tout aussi énormes que ceux provoqués par la violence armée. Le fait que les deux aillent ensemble revêt un caractère immédiat que je rencontre de plus en plus. Je ne peux presque plus voyager dans des pays dans lesquels on a des opérations prioritaires sans que les populations et les gouvernements nous interpellent sur des évènements extrêmes liés à l'environnement.

Une autre dimension sahélienne m'a beaucoup impressionné: la désertification de régions peuplées, exploitées par des agriculteurs et des éleveurs, ce qui a accentué les conflits. On ne peut pas expliquer ce qui se passe dans la dynamique de violence au Sahel sans faire référence aux surfaces qui deviennent de plus en plus difficiles à cultiver, se restreignent pour les uns et les autres, et demandent des mécanismes de résolution de conflit différents. Ce qui dans le passé a été géré dans le cadre d’une stabilité précaire de l'environnement sahélien est aujourd'hui devenu instable. Les populations, les mécanismes de gestion de conflits entre éleveurs et agriculteurs ne fonctionnent plus parce que les problèmes sont devenus trop grands. Si, dans le temps, on avait tous les sept ans ou dix ans un événement majeur, maintenant on les a chaque année ou même chaque saison.

Faut-il modifier les modalités d’assistance?

Dans beaucoup de régions, nous introduisons de nouveaux types de soutien, par exemple des semences plus résistantes à la sécheresse ou des méthodes pour changer les mécanismes de production agricole. Si dans le passé, l'humanitaire était représenté par l'image de camions du CICR qui entrent dans des régions dépourvues de biens, aujourd'hui le concept est de renforcer la résilience de communautés et de développer les capacités des communautés à gérer ces changements. Cela peut aller de la gestion de l’eau et des déchets à de nouveaux mécanismes de gestion de conflits communautaires en lien avec notre mandat d'acteur de prévention en faveur du respect de règles dans l'utilisation de la force.

Inévitablement, cela transforme toute notre logique et toute notre approche. C'est un chemin difficile, de reconnaître qu’aujourd'hui la violence n'est pas seulement la violence de deux armées l'une contre l'autre sur un champ de bataille. La violence peut aussi être communautaire. Et puis quand elle est basée sur les groupes armés non étatiques, il faut trouver de nouveaux moyens d’engager le dialogue avec ces porteurs d’armes. C’est cela qui transforme nos activités.

J'ai été accusé ces deux ou trois dernières années, quand j'ai commencé à parler de changement climatique et de l'humanitaire, de relayer une mode, une mode politique: est-ce que maintenant le CICR se joint à Greta? Ce n’est pas la question: il faut écouter les communautés dans lesquelles on travaille. Bien sûr, elles veulent plus de sécurité, plus de protection, mais elles veulent aussi qu'on les aide avec des actions très spécifiques face aux changements de leur environnement naturel.

Ce constat nous fait aussi réfléchir sur le droit international humanitaire et l'environnement. Ce n'est pas par hasard que, trente ans après la Conférence de Rio, nous révisons nos guidelines.

Aujourd'hui, la communauté humanitaire se concentre sur l'adaptation, la prévention et la réponse aux catastrophes. Aura-t-elle la capacité de faire face à une multiplication prévisible des besoins dans une ou deux décennies ?

Ce défi nous a déjà préoccupés ces dernières années en lien avec la dynamique de violence. On était déjà dans les dix dernières années confrontés à une explosion des besoins d'assistance en raison du nombre de foyers de conflit et du nombre d'acteurs. Il y aussi une dynamique de conflits qui bouge dans les grands centres urbains avec des impacts de plus en plus importants. Aux violences se superposent l'urbanisation, les besoins dus directement aux changements climatiques et la détérioration des systèmes de santé en raison du Covid.

Nous avons donc le défi d’accélérer la mise à disposition de ressources. Et face à une augmentation exponentielle des besoins, on constate aujourd'hui une linéarité des sources traditionnelles de financement. Quand on est confrontés à ces situations, on ne peut éviter d’avoir des stratégies multiples: il faut essayer pour ces contextes de plus en plus fragiles de mobiliser des fonds autres que humanitaires. C'est la raison pour laquelle je salue le tournant que la Banque mondiale, la Banque Interaméricaine de développement et toutes les banques régionales ont pris de créer des fonds de fragilité avec des lignes de crédit pour financer davantage des situations complexes.

Je suis aussi intéressé à ce que les fonds à disposition pour lutter contre le changement climatique soient dirigées vers les contextes fragiles. Mon intérêt, c'est de montrer que les acteurs humanitaires sont en même temps des acteurs répondant à ces besoins. Je pense qu’il faut réfléchir beaucoup plus sur les instruments innovants de financement. Les «green bonds» ont été développés dans le contexte de la crise environnementale et climatique, de même que les «carbon offsets».

Il faut donc trouver des mécanismes innovants qui nous permettent de mobiliser d'autres sources de financement que celles traditionnelles. Il y a deux modèles. Le premier, c'est le «fundraising to spend» qu'on fait depuis longtemps: on va chez les pays donateurs et on transforme leur argent en services pour les populations afin de lutter contre la dégradation de l'environnement. La deuxième formule de mobilisation de fonds est encore trop vierge et pas suffisamment développée: c'est la mise à disposition de capital pour avoir un impact mesurable sur l'environnement et la résilience de communautés. J'ai été très clair dans la communication interne au CICR: si vous voulez être un acteur pertinent dans l'avenir, il faut élargir la surface de financement. Et peut-être avec toutes ces mesures, on arrivera à créer une dynamique qui nous permettra de répondre, parce que la formule traditionnelle ne suffira pas. Je ne vois aucune possibilité de reposer simplement sur des mécanismes de transfert pour couvrir tous les besoins. Quelle est la part que les mesures de désendettement ou les mesures de taxe sur des biens globaux peuvent apporter pour répondre à ces situations extrêmement difficiles? C'est une question éminemment politique sur laquelle je ne peux pas me prononcer. Mais en tant qu’acteur humanitaire je pense  qu’il faut accepter le fait qu'on travaillera sur différents modes de financements dans l'avenir.

En somme il faut mobiliser la finance durable ?

C'est ça. Le terme qui me plaît beaucoup, c'est le financement «en commun». Ca souligne que tous ces financements par les Etats et les sociétés d’objectifs humanitaires, de développement, de droits de l'homme, de paix, d'environnement, doivent aussi être faits de plus en plus en commun pour avoir un impact. Des organisations comme la mienne et d'autres doivent apprendre que quand on ne peut pas facilement mobiliser des ressources selon les paradigmes du passé, il faut voir comment on peut résoudre ce problème en mobilisant d'autres ressources. Je pense qu'il faut nous transformer en une organisation qui est aussi capable de vendre de l’impact.

Dans un contexte où chaque société sera touchée et devra transformer son système social et économique, la solidarité internationale restera-t-elle une priorité politique? Y a-t-il un risque que les Etats riches et les bailleurs de fonds se recentrent sur leurs propres sociétés?

Je n’ai pas de certitude sur les perspectives de solidarité de nos sociétés, je trouve les signaux contradictoires. D'un côté, les derniers mois nous ont montré combien de fonds tout à coup pouvaient être mobilisés à l'intérieur de certains pays. Nous avons vu une perte d'engagement international, un repli sur soi-même, sur le national et je pense que c’est un danger réel. Et en même temps, je perçois aussi un intérêt, une solidarité plus poussée dans beaucoup de sociétés. Le dernier mot n'a pas été dit sur comment la solidarité va se transformer en action à l'avenir. Le leadership d'un pays dans telle ou telle direction peut avoir un impact sur la manière dont la solidarité s’exprimera dans 5 ou 10 ans pour le financement des biens publics globaux.

«Le CICR doit se transformer en une organisation qui est aussi capable de vendre de l’impact»

J'ai aussi l'impression que nous devrons, en tant qu'organisation humanitaire, non seulement faire appel à la solidarité - c'est une valeur importante très liée au concept fondamental d'humanité - mais aussi essayer de présenter ces actions de solidarité comme étant dans l'intérêt de ceux qui sont solidaires. Je trouve problématique que, dans les milieux humanitaires, on oppose souvent l'intérêt à la solidarité. Je pense qu’il faut montrer pourquoi c'est dans l'intérêt d'être solidaire, et pourquoi des instruments traditionnellement liés à des politiques d'intérêt peuvent aussi avoir un impact positif sur les objectifs qu'on veut atteindre. On sait tous qu’on peut continuer à faire appel à la solidarité, mais je pense que c'est encore plus important de montrer pourquoi des instruments d'intérêt peuvent être utiles pour atteindre des objectifs. La solidarité peut aussi être promue politiquement. On peut créer des cadres législatifs qui facilitent la solidarité: le régime de taxation américain qui permet de déduire des taxes des contributions à nos biens publics et à des actions bénévoles peut stimuler les dons. Il faut utiliser dans l'avenir tous les instruments possibles pour créer les conditions dans lesquelles les gens peuvent être solidaires. Et ne pas être trop idéologique pour emprunter des nouveaux instruments financiers qui traditionnellement étaient là pour les marchés financiers, et penser la façon d’atteindre un impact par rapport aux questions humanitaires, de développement ou d'environnement.

Alors que de nombreux pays se tournent vers des politiques dures qui rejettent les réfugiés et les migrants, dont beaucoup fuient la guerre et l'instabilité, les instruments traditionnels du droit international sont-ils encore adaptés au défi systémique du changement climatique et à ses répercussions sur les mouvements de population ?

Je pense qu'ils restent pertinents, dans le fond. Ces instruments ont été créés à une certaine époque, mais contiennent des normes beaucoup plus anciennes.  Est-ce que ces conventions de 1949 ou 1951 sont pertinentes dans le contexte actuel? Dans la mesure où elles reflétaient déjà à ce moment, il y a soixante ans, des réalités beaucoup plus profondes de valeur normative de société, de cohésion, de société, de solidarité, et d'humanité, la réponse est oui. C’est pendant des siècles et des millénaires que l'étranger a été reçu, que des femmes et des enfants ont été épargnés au cours des guerres. L'humanité a trouvé des chemins pour sortir de la torture et des mauvais traitements. Ces normes restent fondamentales dans l'avenir.

Cela dit, il y a aussi de nouveaux problèmes. Et dans ce contexte, je suis en faveur d'une double stratégie. D’abord, interpréter le droit existant de manière contemporaine, pour qu'il puisse résoudre problèmes actuels.

Après, il faut reconnaître qu’il y a des choses qui ne sont pas reflétées de manière adéquate dans le système normatif. Et là, il faut lancer des processus politiques qui nous permettront de combler les lacunes juridiques. J'ai toujours été opposé à ceux qui veulent «immuniser» ou sanctuariser le droit à un moment de l'histoire. Et ne pas le discuter parce que ce droit est contesté, par peur de le perdre. A titre personnel, j'aimerais un droit de protection plus élargi, plus substantiel, plus ambitieux. Et je ne voudrais certainement pas sacrifier en ouvrant à la négociation gouvernementale les acquis juridiques du passé. Mais il faut en même temps reconnaître que jamais les stratégies d'immunisation du droit ont réussi. S'il y a un problème, il faut le nommer. Si le droit trouve une solution raisonnable, normative ou interprétative, il faut le faire, il faut parcourir ce chemin.

Un des enjeux est la tentation de certains Etats, y compris démocratiques, de développer des politiques de rétention plutôt que de protection. On le voit à Lesbos comme ailleurs, des pratiques quasi concentrationnaires - c'est-à-dire concentrant des populations dans des lieux contrôlés. Cette tendance va-t-elle se renforcer?

C'est certainement un danger. Il est clair que ce n'est pas un développement souhaitable. Il y a aussi l’échec d’une argumentation juridique et un constat que ces situations, à certains égards, ont évolué. Donc il faut aussi essayer de faire évoluer le système normatif, et trouver des solutions politiques à des problèmes politiques. Il est clair qu’en tant que représentants d’une organisation humanitaire, nous voulons des solutions le plus proche possible des principes.

De nombreux gouvernements, villes et entreprises multinationales déclarent l'urgence et ont adopté une trajectoire «Net Zero» pour éviter les pires effets du changement climatique. Bien qu’étant en première ligne sur les vulnérabilités, le secteur de l'aide ne l’a paradoxalement pas encore fait. Le CICR doit-il viser la décarbonation?

Oui, c’est clair, c'est ça le chemin. En toute modestie, nous avons commencé à le parcourir. On a une stratégie énergie, on est en train de la mettre en place. On essaie de remplacer les systèmes basés sur le carburant par des systèmes basés sur l'énergie solaire, là où c'est possible. On investit aussi dans des projets de recherche qui nous permettent d'avoir une certaine autonomie, avec des « mini-grids » et de nouvelles technologies. On favorise l'utilisation de matériaux compatibles ou plus compatibles avec des standards environnementaux. Aujourd'hui, il n’y a presque plus d'hôpitaux ou de centre médical qu’on soutient sans programme déchets intégré. Toute une série d'efforts est faite, comme je l'ai dit une fois symboliquement, la priorité d’aujourd’hui est de «verdir le rouge» («greening the red»).

Un des dilemmes se situe entre la stratégie, sa mise en œuvre, et le court terme. L'humanitaire a peut-être, pendant plus longtemps que d'autres institutions, travaillé avec le produit le meilleur marché pour le plus grand nombre de victimes. C'est une approche légitime pour l’action d'urgence. Mais le meilleur marché, malheureusement, n'est pas nécessairement le plus compatible avec les standards environnementaux. On est au cœur d'un débat sociétal. Je ne connais aucune entreprise, aucune institution, aucun pays qui n'est pas confronté à cette situation.

Bien qu’il faille tenir compte de ce dilemme, nous mettons sérieusement en œuvre une telle stratégie. On apprend beaucoup de choses. Cela nous fait par exemple investir temporairement beaucoup plus d'argent dans la formation des personnels. Parce que tout le monde sait mettre du carburant dans une pompe, mais se servir des panneaux solaires demande un programme de formation additionnelle. Cela prend du temps jusqu'à ce qu'on ait formé tout le monde et recruté. En tant que Président, j'ai vraiment eu un «crash course» ces trois dernières années sur la complexité de la transformation.

Les organisations humanitaires ont-elles un rôle à jouer pour accélérer l'action climatique, afin de stabiliser la hausse des températures? Le mouvement de la Croix-Rouge est un réseau humain et social exceptionnel, avec une présence dans le monde entier. Peut-il jouer un rôle d'amplificateur dans ce basculement des pratiques?

Oui, dans la mesure où l’on répond à des besoins humanitaires de communautés qui veulent notre engagement sur des projets, des programmes et des activités en lien avec l'environnement. Nous voulons aller dans ce sens. On a la responsabilité aussi d’interpréter le principe de «Do No Harm» (ne pas nuire) par rapport à l'environnement dans lequel on agit. On ne peut pas dire: on sauve les gens mais on laisse pourrir l'environnement, ça ne va pas. Dans la mesure où les sociétés demandent aussi d'aller dans ce sens, il faut le faire. Et quand la science nous dit ce qu'elle nous dit, nous devons réagir.

En même temps, et c'est un mot de précaution, il faut garder en tant que mouvement de la Croix-Rouge le profil d'une organisation humanitaire et non pas celui d'une organisation de plaidoyer contre le changement climatique. C’est une ligne fine. D'un côté, on veut être responsable, on veut répondre aux défis, on veut conceptualiser l'action humanitaire nouveau genre pour pouvoir répondre d'une meilleure manière aux défis climatique et environnementaux. Tout cela est juste. Mais il faut aussi se rappeler que notre capacité d'action vient de pas être perçu comme un acteur politique qui prend position sur des thématiques controversées. Si en tant que CICR ou mouvement de la Croix Rouge, nous allons certainement devoir évoluer et faire le mieux possible dans nos programmes pour avoir une politique de protection et de respect de l'environnement naturel, nous prendrons des précautions pour ne pas être associés à la lutte politique contre le changement climatique. C'est une tension à gérer.

L’exemplarité des pratiques n'est-elle pas une réponse à ce dilemme?

Tout à fait. Le CICR est connu pour être une organisation de principes, mais on est aussi une organisation pragmatique, parce qu’on essaie de montrer ce qui fonctionne et ce qui aide effectivement les gens dans des situations difficiles. L'exemplarité et l'évidence sont cruciales dans tous ces débats. C'est la raison pour laquelle nous avons inclus le concept d’évidence dans notre stratégie institutionnelle: on doit avoir la possibilité de tester ce qui promet des réponses aux défis auxquels on est confrontés. Le défi climatique et environnemental en fait partie. Il faut montrer qu'on peut contribuer, faire preuve d’exemplarité pour améliorer l'humanitaire et répondre à plusieurs objectifs en même temps.

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